Public cible

Dans cet article

Nous vivons à une époque où la politique est confondue avec un service et où nous, citoyens, agissons comme de simples consommateurs, exigeant des résultats rapides et changeant de « fournisseur » à chaque nouvelle frustration. Cette logique dangereuse a façonné notre relation collective et montre que quelque chose ne va pas et que le changement que nous recherchons est plus proche que nous ne le pensons.

Les Pharisiens demandent à Jésus: « Quand le Royaume de Dieu va-t-il venir? » Il leur répond: « Le Royaume de Dieu ne vient pas comme une chose qu’on voit. On ne dira pas: “Il est ici” ou: “Il est là-bas”. En effet, le Royaume de Dieu est au milieu de vous. »

Il existe aujourd’hui une idée silencieuse, mais extrêmement puissante, présente dans les sociétés modernes, en particulier dans les démocraties occidentales. Il s’agit de la perception selon laquelle l’État est un prestataire de services et les citoyens, de simples consommateurs de ces services. Dans cette logique, les dirigeants sont évalués en tant que fournisseurs d’un produit politique et, à chaque cycle, comme pour un abonnement à une application, nous renouvelons ou résilions le « contrat » en fonction de notre expérience d’utilisation.

Cette vision transforme la participation civique en quelque chose de superficiel. Les relations sociales, politiques et publiques sont désormais traitées comme des transactions commerciales. Nous choisissons des propositions comme on choisit un plat au restaurant, nous attendons les résultats avec impatience et, s’ils ne viennent pas, nous changeons de fournisseur. Tout cela sans réfléchir à la logique qui sous-tend ce processus ni à notre rôle dans celui-ci.

Cette vision utilitariste de la citoyenneté a des conséquences profondes. Nous avons perdu la notion de continuité, de responsabilité partagée, de construction collective. Nous avons cessé de considérer la politique comme un domaine d’action et avons commencé à la traiter comme une prestation de service. En fin de compte, ce qui compte, c’est ce que nous recevons, et non pas comment cela a été construit, ni à qui cela profite ou nuit en dehors de nous-mêmes.

Dans ce contexte, la société commence à se comporter comme un client pressé : elle exige, réclame, compare, rejette. Mais elle oublie que l’État n’est pas une entreprise et que vivre en société n’est pas une simple relation de consommation. La démocratie exige plus que des attentes. Elle exige une présence, une participation, un engagement.

La question qui doit être posée est la suivante : voulons-nous simplement consommer un projet gouvernemental ou participer activement à la construction d’une nation ? Car la différence entre ces deux attitudes peut sembler subtile, mais elle est en réalité déterminante.

Le consommateur est toujours préoccupé par le rapport coût-bénéfice. Il analyse s’il paie un prix juste pour ce qu’il reçoit. Et son monde s’organise selon cette logique : le temps, l’espace et la collectivité sont filtrés à travers le prisme de l’avantage individuel. Sa relation avec le tout est indirecte : il veut recevoir, et c’est tout. De l’autre côté, le citoyen a une compréhension plus profonde. Il comprend que sa vie est intimement liée à la vie collective. Que ses droits n’existent pas sans devoirs. Que pour que la société fonctionne, il ne peut pas être seulement un client exigeant, mais un agent de changement.

Cette distinction est fondamentale. Le peuple-consommateur vit en fonction de ce qui lui est donné. Le peuple-citoyen vit en fonction de ce qui est construit avec lui et à travers lui. Le premier réalise des échanges ; le second est le fruit de relations. L’un se voit de l’extérieur ; l’autre se reconnaît de l’intérieur.

C’est pourquoi le plus grand défi auquel nous sommes confrontés en tant que société n’est pas seulement d’améliorer la qualité des services publics ou de corriger les défaillances administratives. Notre véritable défi est plus profond : changer les mentalités. Sortir de la logique de la consommation politique et entrer dans celle de la citoyenneté active. De l’engagement. De l’appartenance.

Car tant que nous traiterons la politique comme un guichet, nous continuerons à être frustrés par ceux qui se trouvent de l’autre côté. Alors qu’en réalité, ce qui doit changer, c’est notre façon de nous positionner face à elle.

La construction d’un pays juste, équilibré et durable ne dépend pas uniquement de ceux qui gouvernent. Elle dépend avant tout de la conscience de ceux qui sont gouvernés. Nous ne sommes pas de simples consommateurs d’un système. Nous en faisons partie. Et c’est dans cette conscience que commence tout véritable changement.

De nouveaux cycles électoraux approchent, et le sentiment qui prévaut est que rien n’a changé et que rien ne changera, car en tant qu’individus, nous restons les mêmes, et par conséquent, en tant que société, nous restons les mêmes. Si nous voulons voir des changements, ils commencent en nous et continuent à transformer tout ce qui nous entoure. De l’intérieur vers l’extérieur, du micro au macro, nous sommes invités chaque jour à vivre un nouveau type de gouvernement, mais c’est un sujet pour un autre jour.

Articles connexes

Protagoniste du problème

L’intolérance intolérante

Le chant de l’obéissance, une chanson du cœur

Inscrivez-vous à notre newsletter !

Receba mensagens periódicas, acompanhe o nosso dia-a-dia e fique por dentro das novidades.

Contactez-nous

Contactez-nous via nos canaux de communication ou, si vous préférez, envoyez-nous un message à l’aide du formulaire ci-contre. Nous serons ravis de vous répondre !

Ou si vous préférez :

Suivez-nous sur Instagram